Devinette

Dans une bibliothèque où je vais fréquemment, il y a deux toilettes, pour hommes et pour femmes. Où sont situées les toilettes pour enfants (avec des cuvettes plus petites) ?

Réponse : dans les toilettes des femmes.



(Vous visitez toujours régulièrement ce blog et je vous remercie pour votre fidélité. J'ai peu de temps pour le tenir à jour en ce moment mais je continue bien entendu à lire et valider vos commentaires. A plus tard...)
# Posté le lundi 27 octobre 2008 13:52

...

Non, je ne veux pas fumer un joint ou boire un verre avec toi. Non, je ne veux pas que tu m'attrapes l'épaule comme si on était en couple alors que je ne te connais pas. Je m'en fous bien de savoir si tu me trouves jolie ou pas, si mes seins te conviennent ou pas, si tu me juges baisable ou pas, si tu as remarqué que j'avais un soutien-gorge ou pas. Je ne veux pas que tu m'attendes non loin de chez moi pour me saoûler encore, ni que tu me regarde dans le centre commercial avec de grands yeux de chien battu sous prétexte que tu m'as fait un compliment. Je ne veux pas faire semblant que cela me fait plaisir, je n'ai rien demandé après tout. Tu m'imposes ton compliment et tu voudrais en plus m'imposer une réaction. Non, je ne veux pas te dire comment je m'appelle, et si je t'ai lâché mon vrai prénom d'un ton excédé c'est parce que je mens très mal. Je veux simplement pouvoir marcher tranquillement le jour, le soir, la nuit dans les rues sans craindre d'être importunée (importunée et non accostée) par des hommes à qui je ne réclame rien. Est-ce trop demander ?

Les femmes ne font jamais ça avec les hommes. Cela ne marche que dans un sens. (Est-ce que cela se fait entre femmes ou entre hommes dans la rue, je n'en sais rien, mais j'en doute : hétérocentrisme oblige...). C'est un rapport de pouvoir dont bien des hommes usent, en se sentant parfaitement dans leur droit.

[Malheureusement cet article m'a été inspiré par plusieurs expériences récentes de ce genre (avec des hommes différents)].
# Posté le samedi 27 septembre 2008 15:44

L'égalité, morne plaine (au lit)

L'égalité, morne plaine (au lit)
ELLE est un magazine désespérant. Il cherche doucereusement à se faire passer pour féministe, mais pas trop hein. C'est comme ça que ELLE nous gratifie d'un article édifiant nous expliquant que l'égalité, c'est bien, d'accord, mais surtout pas au lit (ou ailleurs, y a pas que le lit pour ce genre de choses...).

Cette idée n'a rien d'original. Il y a quelques années est paru dans Marianne un article navrant sur Le Deuxième sexe, signé Elisabeth Levy, se terminant sur ces deux phrases inspirées : "L'eros n'est pas démocratique. Si Beauvoir avait triomphé, on s'ennuyerait à périr". Marrant, Beauvoir avait déjà paré à ce lieu commun dans sa conclusion du Deuxième sexe, sur le caractère prétenduement ennuyeux de l'égalité (l'égalité de manière générale, Beauvoir ne se focalisait pas uniquement sur le lit, elle). Mais Elisabeth Levy s'était peut-être contentée, pour sa présentation du livre, de recopier les griefs anti-beauvoiriens d'une Nancy Huston pour le coup peu inspirée, et n'avait donc pas jugé utile de lire réellement le livre ("On ne lit plus guère ce pavé", avait-elle écrit...).

Mais je m'éloigne du sujet. Aujourd'hui, tout un discours pseudo-psy cherche à nous convaincre que l'égalité dans la sexualité, c'est pas bien. C'est comme ça que ELLE pond un article bien réactionnaire, histoire que tout le monde reste à sa place : l'inégalité sexuelle est non seulement naturelle et normale, mais elle est en plus nécessaire, car elle permet le désir et le vrai plaisir. Démonstration.

L'ÉGALITÉ ? OUI MAIS PAS AU LIT !

Parité, idéaux égalitaires... quoi de moins érotique, une fois sous les draps ? Témoignages de celles qui ont compris que la différence des sexes, c'est sexy !


Confusion habituelle entre égalité et identité... qu'on reproche tant aux féministes ! Un comble...

Il y a longtemps, les petites souris qui passaient près des alcôves pouvaient entendre : « Moi, Tarzan, toi, Jane. Toi faire devoir conjugal. » Et Jane s'exécutait. Sans jouir, naturellement, ce qui ne préoccupait personne. Quelques révolutions plus tard (féminisme, contraception, Mai 68...), les choses ont profondément changé. Certes, à l'échelle de la société, de gros chantiers subsistent pour que le statut des femmes atteigne, dans les faits, celui des hommes, mais, au sein du couple, les idéaux égalitaires ont fait voler en éclats les anciens schémas. Youpi ? Evidemment ! On ne va pas faire la fine bouche devant plus d'amour, d'intimité, de dialogue, de partage des tâches. Mais, au lit, il donne quoi, ce super couple paritaire ?

Le mythe de "l'égalité déjà là" (parce que le viol conjugal, voire le viol tout court n'existe plus, c'est évident...) opposé à une vision grossièrement stéréotypée du "temps d'avant"...

Euh... pas grand-chose, répondent en choeur témoins et spécialistes. Pour Violaine, 38 ans, parler d'égalité au lit, « c'est tout sauf sexy et aussi absurde que de se demander si le sexe est compatible avec la propreté ». Christelle, 30 ans, résume les choses en images : « C'est comme si mon clitoris avait la taille de son pénis, avouez que ce serait gênant, surtout en lingerie Chantal Thomass ! » Plus sérieusement, Esther Perel, une psychologue belge exerçant à New York, nous livre dans un ouvrage lucide un constat réfrigérant : de nombreux couples entretiennent de plus en plus des relations politiquement correctes, empreintes d'un profond respect mutuel, ils cultivent une communication affectueuse, se disent tout et s'entendent à merveille pour gérer le quotidien. En un mot, ils sont les meilleurs amis du monde. Le hic, c'est que ces cellules « amicoconjugales » sont souvent désérotisées.

Madame Christelle, faut revoir vos connaissances sur le clitoris. A part ça, on apprend que le respect, la communication, c'est pas bien dans la sexualité. Arrêtez, je sens que Zemmour va aimer, là.

Pourquoi ? « Parce que le désir sexuel n'est pas compatible avec le désir d'égalité.
Il a au contraire besoin d'altérité, on ne fait pas l'amour avec son double, affirme Esther Perel. La parité, c'est formidable, mais trop de consensus tue la passion. Je dis donc haut et fort que les idéaux égalitaires ne doivent pas franchir le seuil de la chambre à coucher ! »


De nouveau la bonne vieille confusion égalité/identité. Ca manquait, tiens.

Le Dr Mireille Dubois-Chevalier, sexologue à Paris, va encore plus loin : « La notion d'égalité appartient à la vie publique, elle n'a aucun sens dans la vie privée. Si, au niveau social, on doit continuer à se battre pour que les femmes aient le même poids que les hommes, il faut absolument militer pour la différence dans la sphère intime, sinon, on court à la catastrophe ! »

C'est bien la peine que les féministes se soient fatiguées à clamer que le privé est politique.

Un exemple ? « Un patient de 30 ans m'a avoué qu'il n'avait pas touché sa femme depuis quatre ans, raconte Esther Perel. Il l'aime, mais, dit-il, elle est trop “comme lui”, elle se met partout à sa place et ne lui laisse même pas demander la table au restaurant. En fait, il ne voit plus ce qui le maintient dans son rôle masculin. » Pour Mireille Dubois-Chevalier, cette situation navrante résulte d'une confusion trop répandue entre le social, où la distribution des rôles doit être asexuée pour assurer les droits de chacun( e) – je fais le même travail qu'un homme, je gagne donc, idéalement, le même salaire –, et l'intime, où les rôles doivent être sexués.

Ouh là là, confusion des sexes, c'est mâââl. Chacun sa place, son rôle prémâché et les vaches sont bien gardées.

« La notion d'égalité induit une idée de “donnant-donnant”, déplore la sexologue. Or, quand on aime, on ne compte pas ! » Vous les imaginez, les petits calculs entre amants ? Une fellation pour toi = un cunnilingus pour moi, cinq minutes sur toi contre cinq minutes en levrette... Au secours !

Allez hop, on caricature bien l'idée d'égalité, histoire d'empêcher toute réflexion sur ce que pourrait être l'égalité dans la sexualité.

Les choses doivent se faire spontanément, comme cela se produit la plupart du temps : Jane fait le marché, Tarzan fait réparer la voiture, Jane a peur au cinéma, Tarzan la prend dans ses bras, et zou, c'est la fête sous la couette !

Trop bien, vlà que la sexualité vient justifier les bons gros stéréotypes sexistes. Faut-il aussi que Jane se tape toutes les corvées ménagères pour être sûre de rester sexy ?

« La sexualité d'un couple n'est rien d'autre que la matérialisation concrète de la relation amoureuse. Si les partenaires sont en compétition sur tout, leur sexualité risque de se jouer sur le mode du combat. S'ils sont dans l'égalité et la fraternité, ils courent tout droit vers une sexualité de nounours, tendre, mais pas du tout érotique », poursuit le Dr Dubois-Chevalier.

Oui, les Bisounours étaient les premiers féministes, en fait.

Marie, 47 ans, éditrice et féministe convaincue, a compris tout cela depuis longtemps :
« Pour que ça fonctionne au lit, je crois que les femmes doivent montrer une certaine part de soumission, feinte au besoin, dans la vie de tous les jours. L'idée, c'est de ne pas leur couper les couilles. Ça vaut vraiment le coup, parce que le désir est fugace et, sous leurs airs de gros durs, les hommes sont fragiles... » Et beaucoup se sentent coincés entre la considération qu'ils éprouvent pour leur partenaire, et la force impérieuse de leur désir sexuel.


De mieux en mieux : on convoque une féministe - attention, une féministe convaincue, qu'ils disent - en guise d'alibi. Même si c'est pour sortir les pires conneries pas du tout féministes ("les femmes doivent montrer une certaine part de soumission", "ne pas leur couper les couilles")...

« Mes potes et moi, raconte Nicolas, 31 ans, on trouve génial d'avoir des copines avec qui on partage tout, mais franchement le côté “respect à tout prix”, ça donne des relations sexuelles un peu trop policées. Je vis avec Sophie depuis quatre ans, je suis très amoureux d'elle, mais j'ai du mal à lui dire que, de temps en temps, je me passerais bien de ces préliminaires interminables. Que je voudrais juste la retourner sur le canapé ou la prendre sauvagement dans l'escalier. J'ai tellement pris l'habitude de privilégier son plaisir à elle que je n'ose plus revendiquer le mien. En fait, j'ai peur d'exprimer mon côté mâle un peu brut, violent, pénétrant. »

Bingo, Nicolas, pile le doigt sur le problème ! « On oublie souvent que l'élément fondamental du désir, c'est l'égoïsme, souligne Esther Perel. Trop se préoccuper de l'autre inhibe le désir : on se met à sa place, au lieu de se retirer à l'intérieur de soi, dans son propre espace de jouissance. Par ailleurs, le désir n'est pas une proposition démocratique, il ne relève pas du domaine de l'équité, mais de celui de l'excitation, de la force, de l'agressivité. C'est encore plus vrai du désir masculin. Chercher à neutraliser cela, c'est éteindre le feu de l'érotisme ! »


Vous avez bien lu : C'est encore plus vrai du désir masculin. Allez les filles, laissez joyeusement les mecs vous sauter dessus (sans réciprocité, bien sûr), faut surtout pas chercher à neutraliser ce désir masculin si brutal et violent (par nature, évidemment. Si si, ça doit venir des couilles).


« Un homme qui te fait sentir que son désir ne se discute pas, que c'est “ici et maintenant, et pas quand tu auras fini de vider le lave-vaisselle”, c'est irrésistible », confie Victoire, 36 ans.
Aurore, 29 ans, ne trouve rien de plus excitant que ce feu d'artifice de testostérone. « C'est trop bon de sentir que l'homme est une bête qui a envie de t'attraper n'importe où ! Le côté “rentre-dedans” au vrai sens du terme, puisque l'homme te possède, j'adore, dans la mesure où j'y trouve autant de plaisir que lui. » Pour Célia, 24 ans, « les bonnes manières sont incompatibles avec le sexe pur ! L'égalité n'a pas lieu d'être au lit. A mon avis, pour bien faire l'amour avec quelqu'un, il faut le “dé-respectiser”. Moi, j'accepte volontiers d'être dé-respectisée, de rendre ça possible pour que celui avec qui je couche se sente un homme, et pas juste un bon ami. » Avec gourmandise, Victoire renchérit : « Et puis il y a cette domination physique, le volume du mec sur toi, cette sensation d'être plus petite, plus fragile, vulnérable, c'est hmmmm ! »


Et comme par hasard, les femmes adorent ça, évidemment. Comme ça tombe trop bien.

Domination, le mot est lâché. Tabou depuis longtemps (il fallait bien effacer ces millénaires où la sexualité des femmes ne coïncidait pas avec leur désir), il ne l'est plus depuis que nous nous sommes détendues sur la question. Dans notre sondage, il apparaît qu'au lit la domination est une chose partagée : 49 % d'entre vous préfèrent être dominées sexuellement par leur partenaire, et 51,4 % aimeraient l'être davantage. Quant aux positions et pratiques érotiques, elles sont indifféremment ressenties comme « je te domine/tu me domines ».

Ainsi, vous êtes 51,4 % à vous penser dominées dans la position du missionnaire, mais « seulement » 51 % à penser que vous dominez votre partenaire en le chevauchant. Le cunnilingus et la fellation vous donnent autant l'impression de mener le jeu que de le suivre (51 %/49 % et 50 %/50 %), de même que la sodomie (49 %/51 %). Finalement, seules les pratiques teintées de SM creusent un peu la différence : vous êtes ainsi 52,4 % à vous sentir dominées si votre amoureux vous attache, vous dit des mots très hard, ou vous donne la fessée (ce qui implique tout de même que 47,6 % estiment dominer dans ce contexte).
Probablement que, pour les femmes, la notion de domination sexuelle fait référence à autre chose qu'au fouet et à la combi en latex.
« Dans ma clientèle, ce sont souvent des femmes très dominatrices dans la vie qui n'hésitent pas à explorer cette zone interdite de l'inégalité, nous dit Esther Perel. Pour elles qui gèrent tout au quotidien, cela représente un espace où, enfin, quelqu'un d'autre décide pour elles, s'occupe d'elles. » Et elles adorent ! « Au boulot, et pour l'éducation des enfants, c'est moi qui porte la culotte, assène Ariane, 42 ans, chef d'entreprise. Mais, au lit, j'aime bien quand c'est lui qui décide, j'assume complètement d'être dominée, car dominer ne m'excite pas du tout. C'est sans doute pour cela que j'ai choisi un bon macho italien super viril, qui, en la matière, a bien plus d'imagination que moi ! »
Elisabeth, 45 ans, qui dirige le service de communication d'un grand groupe industriel, confie que, pour elle, « la domination ne se résume pas en actes. C'est un état d'esprit, un point de repère pour la féminité, une délicieuse sensation d'abandon ». Quant à Raphaëlle, 39 ans, avocate, elle pense carrément que le plaisir féminin vient de ce moment où l'on sent la domination (consentie) de l'homme prendre le dessus. « Dans la vie sociale, on doit avancer perchées sur nos talons aiguille pour être aussi grandes, aussi fortes, aussi bonnes qu'eux. Alors j'aime l'idée qu'au lit on n'ait rien à prouver, on se laisse faire. »


Ouais, on aime ça, nous les fâââmmes, être dominées. C'est "un point de repère pour la féminité", attention. C'est bien connu, nous les fâââmmes on est naturellement masochistes. Et c'est bien connu, les femmes ne couchent jamais avec des femmes ("le plaisir féminin vient de ce moment où l'on sent la domination (consentie) de l'homme prendre le dessus").

Mais les hommes sont prévenus, ce petit jeu, car c'est bien d'un jeu qu'il s'agit, ne marche qu'au lit !
Comme le dit Esther Perel, « dans la vie sexuelle, nous ne sommes plus de bons citoyens responsables, nous sommes les acteurs d'un petit théâtre peuplé de désirs et de fantasmes. Il est fondamental pour le couple de quitter la réalité pour se plonger dans son imaginaire érotique ». Et là, tout est possible. Entre adultes consentants, s'entend. Car si le jeu n'amuse qu'un des partenaires, alerte rouge ! « Mon premier mari était très dominateur, raconte Marie-Laure, 38 ans. Et que je te prenne par derrière, et que je te mette une fessée, etc. Ces pratiques ne me gênent pas, mais je me sentais humiliée par leur caractère systématique. Avec mon nouvel amoureux, on a une sexualité très tendre, très paritaire. Du coup, parfois, c'est moi qui lui demande de me dominer un peu plus... »


Ouais, quand même, c'est que du jeu, on rigooooole, quoi.

Problème de rapports de force ? « Il y en a forcément, précise Mireille Dubois-Chevalier, et ils se concrétisent au lit, comme si le sexe était le vecteur des règles à l'œuvre dans le couple. Cela ne pose pas de problème si les partenaires reconnaissent la différence des rôles et s'en amusent. » Ce qui n'implique pas que l'homme soit toujours celui qui domine ! « Une bonne fessée quand mon chéri n'a pas bien passé l'aspirateur, ça peut avoir son charme », ironise Christelle. Le pouvoir dans son couple ? « Il va, il vient. J'ai la liberté, et il l'a aussi, de tout suggérer. Les choses se font dans le feu de l'action. On ne se prend pas la tête sur qui commande ! On dit : “Passe-moi les menottes”, et basta ! »

"Ce qui n'implique pas que l'homme soit toujours celui qui domine !" Ah ben il était temps, on allait arriver à la fin de l'article sans que ce soit dit ! Mais vu ce qui a été dit avant, est-ce tellement important : on a appris avant que les hommes aiment trop dominer, c'est le désir masculin qui veut ça, et comme par hasard les femmes aiment trop être dominées, c'est leur repère. Donc le contraire doit sans doute rester exceptionnel. Et puis cela se fait "dans le feu de l'action", et cela n'a bien sûr aucun rapport avec les stéréotypes sexistes, non nooooon, c'est spontané, non mais. Sans doute aussi spontané que quand Jane va au marché et que Tarzan s'occupe de la voiture...

L'article


Tant qu'à faire, je remets le lien vers la conférence de Christine Delphy, elle s'y moque d'un article paru dans Psychologie, "Ces différences qui provoquent le désir"...
# Posté le lundi 25 août 2008 11:34
Modifié le lundi 25 août 2008 15:20

Gays en Iran


"Il y a bien des homos en Iran, et ils sont bien vivants, la preuve, on les tue".
# Posté le vendredi 22 août 2008 11:32
Modifié le vendredi 22 août 2008 11:47

Lobotomisation précoce

D'abord il y a la grossesse. Car oui, le dressage commence dès la grossesse, avant même la naissance. La future maman s'impatiente : "Vivement qu'on sache si c'est une fille ou un garçon, que je puisse faire plus de courses !". Enfin, elle sait. Si c'est une fille, elle est ravie de courir acheter des robes roses ridicules comme elle-même refuserait d'en porter. L'arrivée d'une fille va lui permettre de jouer de nouveau à la poupée. Elle prévoit déjà de lui laisser pousser les cheveux, histoire de lui faire des nattes, achète des bandeaux roses, "Pour qu'on voit bien que c'est une fille !" (au cas où la robe rose, les chaussettes roses, les chaussures roses et l'inscription "Je suis belle comme un coeur" sur le tee-shirt ne seraient pas assez explicites). Pour un garçon, les vêtements sont plus sobres, moins marrant. Mais déjà la femme enceinte peut porter fièrement un tee-shirt avec "C'est une fille !" ou "C'est un garçon !" bien mis en valeur par le ventre rebondi. Enfin on peut aussi terminer les travaux dans la chambre, le papier peint rose ou bleu, le tapis rose ou bleu, la couverture rose ou bleue...
Quand c'est un garçon, la future maman est contente, car elle prévoit souvent d'avoir une fille, après. Un garçon d'abord, une fille après, "Comme ça il pourra surveiller sa petite soeur, c'est trop mignon !".

Enfin, la naissance, les faire-parts triomphants, roses ou bleus. Bébé grandit. La petite fille veut faire comme maman, "Elle est déjà coquette, elle fait des caprices, c'est déjà une vraie fille, hi hi hi !". Même extase devant la virilité naissante du garçon : "Ah, c'est bien un petit mec, ça !". Bien entendu, la petite aura les oreilles percées, "C'est tellement joli ! Tu veux, ma chérie ? Mais non, ça ne fait pas mal, maman sera avec toi !" Le petit garçon devra bientôt aller chez le coiffeur, car c'est vrai qu'il a de jolies boucles, mais faut pas pousser quand même. Bientôt l'école, les activités extra-scolaires : danse classique pour la petite, foot ou judo pour le petit. Il paraît que le petit est bien agité à l'école, mais c'est normal, c'est un garçon. Bien sûr les jouets adéquats : "Mais laisse la poupée de ta soeur, mon chéri, c'est un jouet de fille !". De temps en temps repas au Mac Do quand maman en a marre de faire la cuisine : "Et ce Happy Meal, c'est pour une fille ou un garçon ?" demande une étudiante à l'air las derrière la caisse. Quand on parle aux parents de conditionnement social, ils débusquent la vilaine idéologie et protestent : "Moi je pense qu'il faut laisser faire la nature". Oui, c'est bien connu, c'est la nature qui met des poupées et des aspirateurs en plastique dans les chambres des filles, et des petites voitures et des pistolets chez les garçons. Ce père Noël, alors, quel farceur !


La suite de l'histoire est ici...
# Posté le jeudi 21 août 2008 08:29